Now it seems I'm fading, all my dreams are not worth saving.
I've done my share of waiting, and I've still got nowhere else to go.
So I wait for you to, take me all away..
I've done my share of waiting, and I've still got nowhere else to go.
So I wait for you to, take me all away..
L'inspiration ne viendra pas, ce soir. Je n'ai plus envie de composer de jolies phrases, non. Les étranges métaphores ne seront pas de mon monde, je ne sais plus les écrire. Ou peut-être ai-je perdu la force, la foi, et le désir d'épater de mes mots, froids et vides de sens. Peut-être ai-je perdu le goût des termes qui déroutent, secouent, fracassent et écartèlent les lecteurs. J'ai simplement besoin de parler, de dévoiler au grand jour plutôt qu'à la nuit noire cet amas de sensations, sentiments, et impressions qui brûlent en moi, tels de violents et incandescents feux de bois. J'ai de la fièvre, mais je n'irai pas me droguer aux médicaments prescrits. Je vais explorer ma douleur, sentir mon crâne se débattre vainement contre ces maux qui m'empoisonnent, et attendre. Quoi ? Je ne sais pas, pas exactement. Le déluge, peut-être. La décadence des sens, l'opium de l'âme, les regrets d'une raison voilée. Noé, accompagné de ses irréductibles espoirs, prendra de nouveau le large, sous les flots de colère, les flots de douleur, les flots de haine qui s'écouleront d'une seconde à l'autre sur un monde où tout est pourtant si bien ordonné. J'ai vogué dans les rues, sans but précis. Entre deux textos, je posais ma main sur mes lèvres gercées par le froid qui me semblait hivernal, et je dévorais ma manche. Les larmes aux yeux, je voguais, et retenaient ces gouttes salées, de manière à ce qu'elles ne suivent plus le cours de leur destinée. Je leur interdisais un futur proche, et les conjuguais au passé. En les mettant derrière moi, je décidais d'éteindre les regards hagards des passants ignorants. J'abandonne mes souvenirs, aussi beaux, aussi dévastateurs, aussi encombrants soient-ils. Je ne suis plus apte à suivre la cadence de ce qu'il m'est offert d'apprécier, endurer, ou encore assumer. Je suis navrée, mais je ne me sens pas la force de m'accrocher à nouveau. Il y a des jours, comme ça, où l'on peut, au détour d'une sombre ruelle, se retrouver écorchée vive. Je ne parle pas de sensations physiques, mais plutôt psychiques. Peu importe le nom que l'on s'applique à leur donner, elles demeurent douloureuses. Insupportable, et infiniment incises. Je n'ose même plus ouvrir la bouche, pour la simple raison que le seul son que je serais apte à souffler serait celui de son prénom. Il me serre cruellement le c½ur, me noue violemment les tripes et fait naitre en moi cette envie insupportable de me jeter du haut de l'immeuble. Je me souviens de nous, il y a quelques mois de cela. Je me souviens de nous, dans les moindres instants. Je me souviens de sa main, glissant délicatement sur mon visage, mais surtout de ses yeux, plongés dans les miens. Je me souviens du rythme endiablé que mon c½ur a adopté, lorsque je me suis dis que je ne voulais plus rien d'autre, que d'être allongée là, dans un duvet qui ne servait à rien, à ses côtés. Je me sentais l'aimer, l'aimer comme rarement je n'ai aimé. Je me sentais apaisée, et l'espace d'un cours instant, mes doutes et peurs s'étaient estompés. C'était un instant, un bel instant. Un souvenir, le souvenir d'un c½ur qui se cherche, et tâtonne maladroitement le sol, désespéré de ne point trouver de repères. Si seulement tout pouvait être simple, si seulement l'être humain ne nourrissait pas la complication. Maintenant, je ne sais où cette histoire me menèra. Tout ce que je sais, c'est que je suis détruite, piétinée. Tout ce que je sais, c'est que je me perds. Vous êtes-vous déjà perdus, vous ? Avez-vous déjà ressentit, au creux de vos entrailles, au sein même de votre être, que quelque chose n'allait plus? Je pleure souvent, ces derniers jours. Ces dernières semaines, devrais-je dire. Je ne suis pas dépressive, je suis simplement perdue, vide, atrophiée du moindre repère. Je ne sais plus. Rien, rien du tout. A quel port dois-je m'accrocher ? Sera-t-il assez fort pour soutenir le poids qui pèse sur mes épaules ? Tout est si fragile, éphemère. Tout est si factice.
Tu m'as offert, avec ton amour, le suicide sensoriel.



